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	<title>Collège International De Tunis &#187; featured</title>
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	<description>Collège International De Tunis</description>
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		<title>Conférence : la ville à l’épreuve de l’urbain &#8211; 2008</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Dec 2008 20:30:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>master</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Conférence donnée le 13 décembre 2008 sur le thème « la ville à l’épreuve de l’urbain » au Collège international de Tunis. Voici quelques extraits du texte d’introduction prononcé par Hélé Béji. J’ai toujours été une irréductible citadine. Ce n’est pas par hasard que je me suis installée au cœur de la ville, bien que ce soit [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Conférence donnée le 13 décembre 2008 sur le thème « la ville à l’épreuve de l’urbain » au Collège international de Tunis.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/03/urbain.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-165" title="urbain" src="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/03/urbain-215x300.jpg" alt="" width="215" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center;" align="center"><strong>Voici quelques extraits du texte d’introduction prononcé par Hélé Béji.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai toujours été une irréductible citadine.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas par hasard que je me suis installée au cœur de la ville, bien que ce soit le hasard qui m’y a fait naître. En fait, j’adhère à ce hasard par un choix délibéré, volontaire, et même avec une obstination « politique ». Car je crois fermement que c’est dans <strong>l’urbanité</strong> (au sens lat. de urbanitas, (<em>1370, Oresme; lat. urbanitas, de urbanus «de la ville, qui a les qualités de l&#8217;homme de la ville»</em>)<em> </em>que naît la <strong>civilité</strong> (civilitas, encore un mot latin, <em>1290, lat. civilis, de civis. &#8211; Citoyen</em>.), et dans la civilité que naît l’usage pacifique de la chose publique, en 2 mots la <strong>démocratie</strong>. (…)</p>
<p style="text-align: justify;">Dès qu’on aborde la question sous cet angle, on mesure les conséquences redoutables  qu’un ratage architectural de la cité (ou de son urbanisme) peut  avoir sur le comportement social, sur la nature même du lien social, du lien humain. (…)</p>
<p style="text-align: justify;">Est arrivé le moment, dans l’histoire des temps modernes (qu’il reste aux historiens de préciser), où la ville a basculé dans l’urbanisme – j’utilise ici ce mot dans le sens opposé à celui d’urbanité – avec la connotation que des urbanistes comme Virilio (urbaniste et philosophe) appelle l’outre-ville, CAD la ville comme lieu non d’élection, mais d’éjection, un espace monstrueux d’exilés, de millions d’immigrés, déportés, déplacés, réfugiés, etc., ou encore l’hyperville, ou la mega-lo-pole (comme l’appelle Cardinali, auteur de <em>L’invention de la ville moderne</em>) tous ces concepts un peu outrés eux-mêmes pour dire les dérives d’aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Personnellement, j’ai appelé ça <em>des cités sans demeure</em>, CAD des cités où plus rien ne retient l’individu, où tout l’emporte dans le flux, où il ne peut nulle part fixer son séjour, jamais y goûter ou y recueillir le sentiment de la durée. Quoi de plus harassant, de plus inhumain que ce voyage où l’homme traverse le monde sans l’habiter ! Cela lui laisse un sentiment insurmontable de destruction.</p>
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		<title>Réécrire les Lumières ? &#8211; 2006</title>
		<link>http://www.college-international.org/conferences-reecrire-les-lumieres-2006.html</link>
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		<pubDate>Sat, 25 Nov 2006 19:46:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>master</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[featured]]></category>

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		<description><![CDATA[Série de conférences sur le thème « Réécrire les Lumières » avec Régis Debray, Sami Naïr, Danielle Sallenave, Boualem Sansal, donnée au Collège international de Tunis du 24 au 26 octobre 2006. Voici quelques extraits du texte de présentation prononcé par Hélé Béji à cette conférence        Réécrire les Lumières ?  « L’homme parfait est celui chez [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Série de conférences sur le thème « Réécrire les Lumières » avec Régis Debray, Sami Naïr, Danielle Sallenave, Boualem Sansal, donnée au Collège international de Tunis du 24 au 26 octobre 2006.</strong></p>
<p><span style="font-size: small;"><strong>Voici quelques extraits du texte de présentation prononcé par Hélé Béji à cette conférence</strong></span></p>
<div><strong><span style="font-size: large;"> </span></strong></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/03/lumieres.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-152" title="lumieres" alt="" src="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/03/lumieres-215x300.jpg" width="215" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center;" align="center"><strong>     Réécrire les Lumières ?</strong></p>
<p style="text-align: center;"> <em>« L’homme parfait est celui chez qui la lumière de la connaissance </em></p>
<p style="text-align: center;"><em></em><em>n’éteint pas celle de la piété scrupuleuse.</em> »<strong> </strong>Ghazâli</p>
<p style="text-align: justify;"> « Réécrire les Lumières ? » Rien que ça ? Ca paraît un peu immodeste (…)</p>
<p style="text-align: justify;">« Réécrire les lumières ? », ce pourrait être aussi que notre 21° siècle, sorti de guerres monstrueuses, annonce l’aube d’un frémissement nouveau, après les grands crimes du 20° siècle, le colonialisme, le nazisme, le totalitarisme, le racisme, les génocides ; un peu comme la Renaissance européenne après les ténèbres du Moyen-âge. Le 20° siècle serait, disons, <em>notre Moyen-âge</em>, et le 21° la promesse d’un retour à l’enseignement du 18°, comme la tradition gréco-latine fut la source vive de la Renaissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce n’est pas encore ça, car ce n’est pas vrai que le Moyen-Âge  soit derrière nous. C’est peut-être un autre Moyen-Âge qui est en train de succéder aux Lumières. Il y a un Moyen-Âge d’avant les lumières, et un Moyen-Âge d’après les lumières. Ce n’est pas tout à fait le même (…) En fait, l’humanisme lui-même, cette grande école de philosophie qui voulait convertir la race humaine, a utilisé les pires méthodes (je pense au colonialisme) pour dresser les hommes à la doctrine des Lumières. Ces « aveuglantes lumières » c’est le titre du dernier livre de Régis Debray, ont confondu le rayonnement du progrès avec le feu des conquêtes. En Irak, les Lumières (mais est-ce encore des lumières ?) sont en train de se réécrire à l’envers.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment alors poursuivre cette noblesse pédagogique qui était celle des lumières, pour éclairer son temps ? La question des lumières est celle des préjugés du présent, non du passé. Tous ici, vous savez que la menace qui pèse sur une culture vient d’elle-même. Ce qui menace l’Occident est intérieur à sa propre évolution (…)</p>
<p style="text-align: justify;">Tous ici, vous avez écrit,  à votre manière, « <em>une lettre de colère et d’espoir à <strong>mes</strong> compatriotes</em> », comme Boualem Sansal aux Algériens, qui lui aussi considère que la principale menace qui pèse sur les Algériens vient d’eux-mêmes; ou bien une « <em>Supplique aux nouveaux progressistes du XXI° siècle</em> » comme Régis Debray aux Européens. (…)</p>
<p style="text-align: justify;">Dans son <em>Carnet de route en Palestine</em>, Danièle Sallenave, qui avec Sami Naïr et Edgar Morin, a été poursuivie devant les tribunaux pour racisme et antisémitisme, essaie de refaire un peu de lumière, sur, dit-elle « ce que nous  n’avons pas pu, pas voulu, pas su voir ». Quand elle décrit des barbelés et des miradors à la place des « 408 villages palestiniens rasés par les frères de ceux dont les ghettos avaient été détruits en Pologne ». (…)</p>
<p style="text-align: justify;">Mais on constate que la lumière sur les horreurs d’antan n’a pas d’effet sur celles d’aujourd’hui ; d’où affaiblissement du credo des Lumières. Vous êtes au cœur de la difficulté. La vertu pédagogique, la preuve du témoignage, le raisonnement, l’observation des faits, le sens critique, tout ce que la philosophie des lumières nous avait enseigné, vous montrez qu’elle heurte de nouvelles formes de déni et d’obscurantisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc, si l’homme n’est pas parvenu à se domestiquer par les valeurs tirées de sa raison, de sa volonté, de son intellect, de son génie scientifique ; si la lumière de la raison n’a pas vaincu ses démons malgré la science et le progrès, qu’est-ce qui y parviendra ? (…)</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà. L’homme se détourne « des » lumières pour chercher « la » lumière, la « lumière des lumières », cette lumière, dit Ghazâli, « que Dieu lui projeta dans le cœur ». Il consacre tout un livre « <em>La niche des Lumières</em> », à un passage du Coran que je vous lis, à cause de la métaphore filée de la lumière : « <em>Sa lumière (celle de Dieu) est semblable à une niche où se trouve une Lampe ; la lampe est dans un verre ; le verre est comme un astre brillant ; elle est allumée grâce à un arbre béni, un olivier, ni d’Orient ni d’Occident, dont l’Huile éclairerait, ou peu s’en faut, même si nul feu ne la touchait. <strong>Lumière sur lumière</strong>.</em> »</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Conférence : Psychanalyse et dévoilement &#8211; 2005</title>
		<link>http://www.college-international.org/psychanalyse-et-devoilement-2005.html</link>
		<comments>http://www.college-international.org/psychanalyse-et-devoilement-2005.html#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 May 2005 18:57:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>master</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Conférence donnée le 6 mai 2005 sur le thème “Psychanalyse et dévoilement” au Collège international de Tunis, avec Hajer Karraï, Pr Halayem et le Dr Patrick Delaroche. Voici quelques extraits de l’allocution de bienvenue prononcée par Hélé Béji Bienvenue au Collège international de Tunis. Merci à l’Espace analytique franco-tunisien d’avoir eu cette idée audacieuse du [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Conférence donnée le 6 mai 2005 sur le thème “Psychanalyse et dévoilement” au Collège international de Tunis, avec Hajer Karraï, Pr Halayem et le Dr Patrick Delaroche.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/03/psychanalyse-devoilement.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-147" title="psychanalyse-devoilement" src="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/03/psychanalyse-devoilement-219x300.jpg" alt="" width="219" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center;" align="center"><strong>Voici quelques extraits de l’allocution de bienvenue prononcée par Hélé Béji</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bienvenue au Collège international de Tunis.</p>
<p style="text-align: justify;">Merci à l’Espace analytique franco-tunisien d’avoir eu cette idée audacieuse du 1<sup>er</sup> congrès de psychanalyse à Tunis, autour d’un patio littéraire. Merci à ses organisateurs : Hajer Karraï, Pr Halayem, Dr Patrick Delaroche.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ceux qui viennent pour la 1re fois au Collège, je voudrais dire juste 2 mots.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Collège est un lieu, un peu hors du temps, intemporel même par son espèce de vétusté immortelle. Il se tient dans le retrait, et la distance qu’il instaure avec le monde est nécessaire à  liberté qu’il prend avec le monde. Il a un charme de monastère, mais sans les rudesses austères du monastère ni des confessionnaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci étant, il y a ici et là quelques divans où les psychanalystes peuvent recueillir quelques confessions.</p>
<p style="text-align: justify;">La règle du collège est la liberté absolue de penser, de douter, de critiquer et de raisonner, de s’analyser, sans la crainte du châtiment.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Collège n’est sous l’autorité d’aucun parti, aucune corporation, aucune idéologie, aucun pouvoir, aucune opposition, aucune hiérarchie, aucune académie.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas un club fermé, il n’exige aucune condition d’entrée, il est ouvert à tout public, à toutes les disciplines, à toutes les opinions sans restriction.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une société littéraire, une société savante, où les prises de parole n’ont comme idéal de conduite que « l’intransigeante amitié philosophique » comme le dit un philosophe.</p>
<p style="text-align: justify;">Un des 1ers voiles de la Tunisie encore colonisée tomba ici dans cette maison, bien avant l’Indépendance.</p>
<p style="text-align: justify;">Ma tante, jeune fille élevée de manière très libérale à l’époque par son père, décida de ne plus porter le safsari. Elle se heurta à l’opposition de sa mère, CAD ma grand-mère. Délibération chez le père, mon grand-père. Mon grand-père trancha, le voile tomba.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis il y eut une nouvelle revendication, les cheveux. Nouvelle controverse, nouvelle discorde familiale. C’était la mode Coco Chanel des cheveux courts, elle voulut donc se couper les cheveux. Ma grand-mère s’y opposa encore. Ma tante envoya alors un télégramme à son père qui était en France. Verdict du père, d’accord pour couper les cheveux.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis dans la famille, aucune femme ne s’est voilée, et aucune ne s’est laissé dicter son libre arbitre.</p>
<p style="text-align: justify;">Je laisse les psychanalystes méditer sur les interprétations à donner au modernisme du père et au traditionalisme de la mère…</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’événement et le non-événement : Jean Baudrillard &#8211; 2003</title>
		<link>http://www.college-international.org/jean-baudrillard-2003.html</link>
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		<pubDate>Sat, 03 May 2003 23:38:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>master</dc:creator>
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		<category><![CDATA[featured]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean Baudrillard, né à Reims le 27 juillet 1929 et décédé à Paris le 6 mars 2007, était à la fois sociologue, philosophe, penseur critique, agitateur d’idées, etc.  Sa publication initiale « le système des objets » (1968) contient déjà les problématiques qu’il développera dans ses nombreux écrits ultérieurs : volonté de dépasser le marxisme, critique de la [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Jean Baudrillard, né à Reims le 27 juillet 1929 et décédé à Paris le 6 mars 2007, était à la fois sociologue, philosophe, penseur critique, agitateur d’idées, etc. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sa publication initiale « le système des objets » (1968) contient déjà les problématiques qu’il développera dans ses nombreux écrits ultérieurs : volonté de dépasser le marxisme, critique de la pseudo objectivité du libéralisme, avènement des simulacres en tant que réalisation de la réalité, terrorisme de l’information, etc.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sa pensée multiforme, ludique et atypique lui valut de nombreuses critiques de la part des apprentis académiciens et un accueil chaleureux aux États-Unis.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il fut aussi un talentueux photographe et exposa ses œuvres en de multiples occasions à travers le monde.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/02/Baudrillard.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-99" title="Baudrillard" src="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/02/Baudrillard-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p align="center"><strong>Voici quelques extraits du texte introductif prononcé par Hélé Béji lors de sa venue le 3 mai 2003.</strong></p>
<p align="center">Cher Jean Baudrillard,</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est vous l’événement</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous régnez au-dessus de ce que vous appelez « le vertige consommé de la catastrophe » (<em>La Société de consommation</em>), probablement (à mes yeux) le plus grand livre de la seconde moitié du XX° siècle, où vous disiez déjà en 1970 que la consommation, dans les images qu’elle produit, charrie la « <em>tentation d’un attentat superbe, d’un prodigieux événement de violence ; l’attentat aura lieu, l’image en est précursion et jouissance anticipée</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">(…) Mais, si la mondialité est la faillite de la modernité dans son rapport à la tradition, la tradition aussi a failli dans son rapport à la modernité.<em> La modernité n’a pas su concilier son génie du mondial avec le temps de la conscience</em>. <em>Et aucune tradition culturelle n’a pu transformer sa présence au monde en un travail sur le monde.</em> La modernité doit rendre des comptes à la tradition, mais la tradition aussi, doit rendre des comptes à la modernité, quand elle devient le spectre fantomal d’un moi défunt. Toute critique du progrès, de mon point de vue, devra aussi être une critique de la mémoire.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi, j’ajouterai ceci : le fait de <em>convoquer la modernité</em>, la pointe avancée de la pensée moderne dans un lieu chargé de forte connotation ancienne, ancestrale, habité par des figures fantomales du passé, c&#8217;est-à-dire un lieu qui est <em>d’un autre temps</em>, presque <em>hors du temps</em> et qui aurait pu donner lieu à la tentation du passéisme, de la nostalgie, de l’obsession des origines que hélas on voit se développer partout — la vanité de ses origines, ce que j’appelle <em>l’aristocratisme</em> de la populace — la culture n’est pas seulement le lieu <em>d’où l’on vient</em>, mais <em>celui où l’on va</em>, elle n’est pas seulement origine, mais destination, pas seulement provenance, mais horizon ; elle est ce <em>trajet</em>, le voyage entre une origine et un horizon, entre une provenance et une destination.</p>
<p style="text-align: justify;">Lectures :</p>
<p style="text-align: justify;">L’œuvre de Jean Baudrillard est riche de plus d’une douzaine d’essais et d’une foultitude d’articles publiés à travers la presse française et internationale. Pour une première approche de son travail critique, l’on pourra se pencher avec intérêt sur :</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Le système des objets [Gallimard, Paris 1968]</li>
<li style="text-align: justify;">La société de consommation [Gallimard, Paris, 1970]</li>
<li style="text-align: justify;">L’échange symbolique et la mort [Gallimard, Paris 1976]</li>
<li style="text-align: justify;">Simulacres et simulation [Gallimard, Paris 1981]</li>
</ul>
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		<item>
		<title>L’Européen et l’apprentissage de la tolérance : Olivier Mongin &#8211; 2001</title>
		<link>http://www.college-international.org/olivier-mongin-2001.html</link>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2001 22:46:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>master</dc:creator>
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		<category><![CDATA[featured]]></category>

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		<description><![CDATA[Olivier Mongin est né à Paris en 1951. Alors que le structuralisme domine encore les universités françaises au début des années 1970, il est marqué par les travaux de Paul Ricoeur et d’Emmanuel Levinas. Essayiste dont le travail s’attache à la violence, au rire, à l’image et à la ville, il dirige la revue « Esprit » [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Olivier Mongin est né à Paris en 1951. Alors que le structuralisme domine encore les universités françaises au début des années 1970, il est marqué par les travaux de Paul Ricoeur et d’Emmanuel Levinas.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Essayiste dont le travail s’attache à la violence, au rire, à l’image et à la ville, il dirige la revue « Esprit » depuis 1988.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il a codirigé la collection « la couleur des idées » au Seuil de 1985 à 2007 et la collection « questions de société » chez Hachette de 1993 à 1997 ; par ailleurs il a été secrétaire général puis vice-président du Syndicat de la presse culturelle et scientifique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/02/Esprit2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-91" title="Esprit" src="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/02/Esprit2-209x300.jpg" alt="" width="209" height="300" /></a></p>
<p align="center"><strong>Voici quelques extraits du texte inaugural prononcé par Hélé Béji lors de sa venue le 18 mai 2001.</strong></p>
<p align="center">Cher Olivier Mongin,</p>
<p style="text-align: justify;">(…) La revue <em>Esprit</em>, ce n’est pas l’esprit hors du temps, mais à l’intérieur de son temps, sans être prisonnier de son temps ; pour le temps sans être la proie de son temps ; contre le temps sans être l’ennemi de son temps ; avec le temps sans être l’esclave de son temps ; ami du temps sans être dupe de son temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux choses se sont dégagées pour moi de cette lecture, deux postures majeures, inséparables d’une politique de la tolérance : <em>la confiance morale en soi, et la défiance intellectuelle de soi.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Très vite. <span style="text-decoration: underline;">La confiance en soi</span>. C’est celle qui me permet de supporter les critiques de mon adversaire sans me sentir menacé dans mon existence, mais tout en acceptant de reconsidérer ma position. Le désaccord n’est pas une offense, mais une dynamique d’argumentation et de rectification. Ce principe concerne aussi bien l’individu que l’État.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pourquoi je dirais qu’un État fort, paradoxalement, n’est pas celui qui use de brutalité ou de coercition contre la liberté de le critiquer. Il serait plutôt un État faible, vulnérable, privé de confiance en lui-même. Un État vraiment fort est au contraire un État qui ne déploie pas un appareil hypertrophique de contrôle des idées, car son autorité, sa densité, sa santé morale, sa justice intérieure ne nécessitent pas de forteresse extérieure.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la confiance morale en soi ne suffit pas pour fonder une morale de la tolérance. Il faut y ajouter la <span style="text-decoration: underline;">défiance intellectuelle de soi</span>, l’acceptation de ma faillibilité, de ma capacité d’erreurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Paradoxalement, la tolérance exige l’absence de complaisance à l’égard de soi, et même une certaine sévérité, une certaine vigilance envers soi, qui me fait accepter les opinions d’autrui, non dans leur déloyauté ou leur violence (la tolérance ne signifie pas l’indulgence), mais dans leur marge d’erreur similaire à la mienne, que je peux aussi critiquer.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette tolérance de l’erreur réciproque, involontaire, qui demande des corrections et des ajustements mutuels, doit être distinguée de la tolérance du mensonge — le mensonge étant l’erreur préméditée, la tromperie voulue. La vraie tolérance rend le mensonge intolérable. Et tolérer l’intolérable s’appelle lâcheté.</p>
<p style="text-align: justify;">Lectures :</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><em>Vers la troisième ville ?</em> [Hachette, Paris 1995]</li>
<li style="text-align: justify;"><em>La violence des images </em>[Seuil, Paris 1997]</li>
<li style="text-align: justify;"><em>La condition urbaine, la ville à l’heure de la mondialisation </em>[Seuil, Paris 2007]</li>
<li style="text-align: justify;"><em>De quoi rions-nous ? La société et ses comiques </em>[Plon, Paris 2006]</li>
</ul>
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		<title>L’Avenir du temps : Jérôme Bindé &#8211; 2001</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2001 16:25:55 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Jérôme Bindé, normalien et agrégé de Lettres, a été sous-directeur général adjoint pour les sciences sociales et humaines et directeur de la division de la prospective de la philosophie et des sciences humaines à l’UNESCO. Il a animé le cycle des « Entretiens du 20e siècle (publiés chez Albin Michel en partenariat avec les éditions de [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/01/Jérome-Bindé.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-53" title="Jérome Bindé" src="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/01/Jérome-Bindé.jpg" alt="" width="300" height="424" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jérôme Bindé, normalien et agrégé de Lettres, a été sous-directeur général adjoint pour les sciences sociales et humaines et directeur de la division de la prospective de la philosophie et des sciences humaines à l’UNESCO. Il a animé le cycle des « Entretiens du 20e siècle (publiés chez Albin Michel en partenariat avec les éditions de l’UNESCO) ainsi que les « Rencontres philosophiques de l’UNESCO » en 2004.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ses nombreux ouvrages et articles, par ailleurs complémentaires des idées développées par Paul Virilio, traitent principalement de la prospective et questionnent les distorsions, propres aux sociétés modernes, survenues dans le rapport au temps.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Son œuvre variée et souvent écrite en collaboration avec des spécialistes de différentes disciplines propose de nombreuses pistes susceptibles d’assurer la sauvegarde de l’environnement et la préservation de la biodiversité grâce à des mesures d’envergure (éthiques, politiques, économiques et environnementales) à la fois pérennes et pragmatiques. </strong></p>
<p align="center"><strong>Voici quelques extraits du texte introductif prononcé par Hélé Béji lors de sa venue le 13 avril 2001.</strong></p>
<p align="center"><a href="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/01/Bindé2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-52" title="Bindé2" src="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/01/Bindé2-207x300.jpg" alt="" width="207" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La prospective n’a rien à voir avec la cartomancie. Au contraire même, elle pose d’emblée que le futur est imprévisible. Il ne s’agit ni de s’en faire le devin, ni le mage, ni l’oracle. Il s’agit, selon le mot que tu reprends à Prigogine, non pas de le prédire, ni même de le prévoir, mais de le « préparer ». C’est ce que tu appelles « l’éthique du futur ».</p>
<p style="text-align: justify;">En fait l’éthique du futur est précisément fondée, selon toi, sur un sens affûté des « incertitudes », et comme Max Weber, tu fais de « la responsabilité devant l’avenir » « l’affaire propre de l’homme politique », et de la dignité de la pensée elle-même.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Entretiens du XXI ° siècle sont donc des méthodes, des instruments, des interrogations qui sont là pour dégager la conscience de cette responsabilité, et pour en projeter les analyses ou les actions possibles. Tu ne travailles pas avec l’illusion de nous rendre infaillibles, ce qui serait une duperie, mais de nous rendre plus vigilants, ce qui est une sagesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu as laissé à Proust la nostalgie du temps passé pour te consacrer à la griserie du temps futur. La prospective est le meilleur antidote chez toi à la mélancolie.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux misanthropes un peu égoïstes et piteux, tu préfères des personnages de la trempe de Candido Méndes, ce brésilien stupéfiant, ce Carioca baroque et démesuré, ce visionnaire altruiste, bienfaiteur, et triomphant, qui ne se lasse pas de faire découvrir les beautés de l’espace-temps qu’il décrit par des discours irrésistibles et tonitruants au-dessus de la baie de Rio, dans sa flottille d’hélicoptères qui s’envole du somment de son gratte-ciel du Savoir bâti au centre de Rio, l’Université Candido Méndes, où tu m’as entraînée dans ton sillage.</p>
<p style="text-align: justify;">Et à la question mystérieuse que prononce André Breton à la fin de Nadja<em> : « Qui vive ? Est-ce vous Nadja ? (…) Qui vive ? Est-ce moi seul ? Est-ce moi-même ? »<ins cite="mailto:USER" datetime="2011-12-27T18:27">,</ins> </em>tu réponds avec la même voix de ce nous universel que prête Rousseau à ces<em> « grandes âmes cosmopolites », </em>comme il les appelle, je le cite pour finir,<em> « ces quelques grandes âmes cosmopolites, qui franchissent les barrières imaginaires qui séparent les peuples, et qui à l’exemple de l’être souverain qui les a créées, embrassent tout le genre humain dans leur bienveillance. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Lectures :</p>
<p style="text-align: justify;">— Entretiens du 21e siècle (trois volumes : <em>signons la paix avec la terre</em>, <em>où sont les valeurs</em>, <em>les clés du 21e siècle</em>) [Éditions UNESCO/Albin Michel]</p>
<p style="text-align: justify;">— <em>Un monde nouveau</em> de Federico Mayor en collaboration avec Jerôme Bindé [Éditions Odile Jacob]</p>
<p style="text-align: justify;">— <em>Constructing a sustainable future</em> [Berghahn Books]</p>
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		<title>Jacques Derrida : Le Pardon &#8211; 1998</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Feb 1998 14:56:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>master</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[featured]]></category>

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		<description><![CDATA[Jacques Derrida, né en 1930 en Algérie et décédé en France en 2004, fut un philosophe majeur de la fin du 20e siècle. Sa pensée, complexe et variée, entreprit de défaire les oppositions traditionnellement reconnues et employées en philosophie (présence/absence, phénomène/essence) qui constituent autant de manière « d’être au monde ». Il développa une approche [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="aligncenter" style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="Jacques Derrida" src="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/01/Jacques-Derrida3.jpg" alt="" width="225" height="349" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jacques Derrida, né en 1930 en Algérie et décédé en France en 2004, fut un philosophe majeur de la fin du 20e siècle.</strong><br />
<strong> Sa pensée, complexe et variée, entreprit de défaire les oppositions traditionnellement reconnues et employées en philosophie (présence/absence, phénomène/essence) qui constituent autant de manière « d’être au monde ». Il développa une approche « déconstructionniste » en cherchant à démontrer les apories sur lesquelles débouche une compréhension conceptuellement binaire (thèse/antithèse, vrai/faux, réel/illusion), notamment grâce à l’élaboration de ce qu’il nomma la différance.</strong><br />
<strong> De 1995 à 2003, il organisa des séminaires à l’EHESS (dont il fut nommé directeur en 1984) actuellement en voie de publication, les derniers séminaires organisés portaient sur les thèmes du pardon et du repentir et cherchaient à redéfinir ces concepts et à leur trouver une mise en pratique dans l’ordre du juridique et du politique. Dans le même ordre d’idées, il fit preuve d’un soutien indéfectible à l’action de Nelson Mandela et se rendit plusieurs fois en Afrique du Sud. C’est dans le cadre de ses préoccupations d’alors qu’il donna sa conférence au Collège.</strong><br />
<strong> Il fut le premier invité du Collège International de Tunis.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Voici quelques extraits du texte inaugural prononcé par Hélé Béji lors de sa venue le 28 février 1998.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.college-international.org/wp-content/uploads/2012/01/Jacques-Derrida3.jpg"><br />
</a></strong></p>
<p style="text-align: center;">Cher Jacques Derrida,</p>
<p style="text-align: justify;">Bienvenue au Collège International de Tunis !<br />
Être capable de converser, n’a rien à voir avec ce qu’on appelle aujourd’hui la communication, la conversation est vocation de l’esprit, tandis que la communication est appétit de puissance. Ainsi, grâce à votre conversation Jacques Derrida, vous nous délivrez du mensonge de la communication.<br />
Selon Aristote « être capable de prévoir par la pensée, c’est être par nature apte à commander », encore que la politique, bien entendu, ne se limite pas à l’art du commandement ! Néanmoins, la philosophie possède une autorité différente. Pour elle en effet, l’effort de la raison n’a pas « d’autre objet que la connaissance : “La vertu absolue de l’âme est de connaître”, dit Spinoza dans L’éthique.<br />
Donc, votre présence ici serait celle de notre conscience. Vous aiguisez le regard que nous portons sur nous-mêmes, vous nous rendez moins complaisants, moins indulgents, plus curieux. Notre raison devient aussi plus scrupuleuse, elle se garde de nous innocenter, et par un simple coup d’œil à l’histoire, elle se rend compte que la fin de la tutelle coloniale nous a fait entrer dans l’ordre implacable de la responsabilité.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, comme il est ici question de “pardon”, pourquoi ne pas nous livrer à un petit examen de conscience, et nous demander si la décolonisation n’a pas été, certes un gain inestimable de souveraineté, mais aussi l’expérience d’une perte. Cette perte, je crois pouvoir dire qu’elle est de nature éthique. Les décolonisés se sont rehaussés d’une “culture”, mais ils se sont diminués d’une “morale”. Leur être politique est, sur le plan éthique, un non-être, un être encore à venir. Cette perte éthique je crois qu’elle est, purement et simplement, l’évacuation de la question de l’humain, de l’organisation de la vie commune, du vivre-ensemble. L’humain affleure partout, mais il n’est pris en considération nulle part. Un des meilleurs exemples de cet abandon est la Médina de Tunis.</p>
<p style="text-align: justify;">La Médina est moderne dans le sens d’une utopie urbaine. Elle est comme l’essence humaine de l’architecture. C’est un songe vivant d’urbanisme médiéval, génial, que les architectes contemporains poursuivent en vain sans en trouver le secret. Elle est moderne au sens où l’ancien est image du nouveau, il est un devenir nouveau, il incarne l’événement de nouveauté, il est, d’un point de vue phénoménal, le nouveau. L’énergie de l’ancien perce là où l’actuel s’exténue, là où le neuf est usé. La forme de l’ancien est image, souffle de la pensée, futurition. La forme du moderne touche à la fin de son propre temps, à son épuisement.</p>
<p style="text-align: justify;">La Médina est donc moderne dans un sens exactement opposé à celui des grandes banlieues européennes, cet univers de désolation où règne la souffrance de l’inhabité, où l’errance de l’individu traverse le monde sans l’habiter, où c’est l’horreur d’un paysage sans demeure, la privation de la faculté de séjourner, la perte inexorable de la trêve, du séjour. (…) Donc un sens temporel, et pas seulement spatial, avec le verbe « demeurer » ; demeure de ce qui nous met à l’abri du temps, soit des intempéries (celles du climat ou de la vie), soit surtout de la destruction du temps ; abri, séjour en quelque sorte de l’intemporel. La demeure, c’est l’ouvrage des liens par lesquels je me lie avec mes semblables dans un attachement durable, c’est à dire moral. Car ce qui dure est par essence de nature morale, ce qui dure demeure, c’est, comme dirait encore Spinoza, ce qui s’efforce de persévérer dans son être, c’est dire l’éthique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, même dans son état d’abandon, même détruit par notre faute, le génie citadin de la Médina continue de traduire cette persévérance d’être, dans les scènes surprenantes de ses tableaux vivants. C’est la liturgie du laitier sous la bâche de sa camionnette qui vous vend son lait cru au pichet ; c’est la psalmodie du fruitier ambulant qui passe sous vos fenêtres avec ses seaux de figues de barbarie ; c’est l’épicier qui verse ses onctions d’huile d’olive à l’entonnoir de votre bidon ; c’est le lainier qui monnaye les vertus de sa laine purifiée au kilo, c’est le ferronnier qui soude à l’enfer brûlant de sa forge vos vieux clous de porte rouillés ; ce sont les étains de patisserie géants qui se balancent dans une carriole en se dirigeant vers une consécration ; ce sont les menuisiers qui vous font des grands gestes de pardon en ôtant de la chaussée leurs carcasses de bois pour vous laisser passer ; ce sont les pauvres diables accroupis derrière leurs fenouils et leurs artichauts, clandestins et maudissant la ronde des agents ; c’est le tisserand déclinant qui, dans l’ombre d’un réduit plus étroit qu’un tombeau, tisse déjà pour son rachat les tuniques hiératiques de l’au-delà ; c’est la voix de « roba vecchia » qui dérobe aux oraisons et aux prières l’écho sempiternel de leur ponctualité sacrée ; c’est le breuvage des saints qui mijote dans des chaudrons bénis que les fêtards nocturnes consomment avec des extases de prêtresses ensommeillées. (…)</p>
<p style="text-align: justify;">Car ce qui dure est par essence de nature morale, ce qui dure demeure, c’est comme dirait Spinoza, ce qui s’efforce de persévérer dans son être, c’est-à-dire l’éthique. Ainsi, même dans son état d’abandon, même détruit par notre faute, le génie citadin de la Médina continue de traduire cette persévérance d’être. Quant à savoir si la vertu s’enseigne ou pas, c’est une tout autre affaire qui demanderait, dit encore Socrate, toute “une vie d’examen”. Et combien de vies nous faudrait-il pour savoir si le pardon existe ou n’existe pas ?</p>
<address>Lectures :</address>
<address>Jacques Derrida fut l’auteur de quatre-vingts ouvrages où il développa une pensée singulière ; pour une première approche de son travail, l’on pourra se pencher avec intérêt sur les titres suivants :</address>
<address>- La voix et le phénomène [PUF]</address>
<address>- L’écriture et la différence [Seuil]</address>
<address>- La vérité en peinture [Flammarion]</address>
<address>- Psyché, inventions de l’autre [Galilée]</address>
<address>- Un site internet propose, de manière très ludique et pratique, des définitions des termes employés et des concepts développés par Jacques Derrida : <a href="http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0506091008.html">www.idixa.net/Pixa/pagixa-0506091008.html</a></address>
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